Comment photographier la Lune et les planètes avec son smartphone
Pas besoin d'un appareil photo professionnel ni d'une monture motorisée à plusieurs milliers d'euros : la Lune, et même certaines planètes, se photographient très correctement avec un smartphone récent et un peu de méthode.
Voir la boutique ↓| Adaptateur smartphone-télescope | Caméra planétaire d'entrée de gamme | |
|---|---|---|
| Prix | Environ 64 € | Environ 103 € |
| Note | ||
| Pour qui | Débutant | Confirmé |
| Voir sur Amazon | Voir sur Amazon |
La Lune, la cible idéale pour débuter
La Lune est de loin l'objet le plus simple et le plus gratifiant à photographier en astronomie amateur : elle est lumineuse, contrairement à la plupart des autres cibles célestes, ce qui permet des temps de pose très courts et limite les problèmes de flou de bougé ou de bruit numérique. Un smartphone tenu simplement dans l'oculaire d'un télescope ou de jumelles — une technique appelée afocale — suffit déjà à capturer des images surprenantes des cratères et des mers lunaires, en particulier près du terminateur, la ligne qui sépare le jour et la nuit lunaires, où le relief est accentué par des ombres rasantes.
La principale difficulté de la méthode afocale à main levée est l'alignement : il faut centrer précisément l'objectif du téléphone dans l'axe de l'oculaire, ce qui demande un peu de patience les premières fois. Un adaptateur smartphone-télescope, peu coûteux, résout ce problème en maintenant le téléphone parfaitement aligné et stable.
Les réglages manuels qui font la différence
L'application photo par défaut d'un smartphone gère mal les scènes très contrastées comme la Lune sur un ciel noir : elle a tendance à surexposer la Lune pour éclaircir le fond noir, transformant les détails de la surface en une tache blanche uniforme. Passer en mode manuel (ou « Pro ») et réduire délibérément l'exposition, tout en gardant une sensibilité ISO basse pour limiter le bruit, révèle immédiatement beaucoup plus de détails de surface.
Il est également conseillé de désactiver le flash et la stabilisation optique lorsqu'un trépied ou un adaptateur est utilisé, et de déclencher la photo via un retardateur ou une télécommande Bluetooth plutôt qu'en touchant l'écran directement, ce qui provoque presque toujours un léger flou de bougé au moment du déclenchement.
Et les planètes ?
Photographier une planète correctement est nettement plus exigeant que la Lune. Jupiter et Saturne, prises en afocale avec un smartphone à travers un télescope, apparaissent généralement comme de petits points lumineux avec, au mieux, une forme discernable — les images très détaillées des bandes nuageuses de Jupiter ou des anneaux de Saturne que l'on voit en ligne sont presque toujours réalisées avec des caméras spécialisées et un empilement (« stacking ») de centaines, voire de milliers d'images individuelles pour annuler le bruit et la turbulence atmosphérique.
Cela dit, un résultat modeste mais réel reste accessible : avec un télescope de 130 mm ou plus, un smartphone bien aligné en afocale peut capturer les quatre lunes galiléennes de Jupiter comme des points distincts autour de la planète, ou une forme légèrement allongée trahissant les anneaux de Saturne — voir notre guide sur le matériel pour observer Saturne pour les prérequis optiques.
Aller plus loin : une caméra dédiée
Pour de meilleurs résultats sur les planètes, l'étape suivante consiste à remplacer le smartphone par une petite caméra planétaire dédiée, qui se fixe directement à la place d'un oculaire et filme une courte vidéo à haute fréquence d'images. Un logiciel gratuit d'empilement (comme AutoStakkert, largement utilisé par la communauté amateur) sélectionne ensuite automatiquement les meilleures images de la vidéo — celles prises lors des instants de turbulence atmosphérique minimale — et les combine pour produire une image finale bien plus nette et détaillée qu'une simple photo unique.
Cette approche reste accessible : une caméra planétaire d'entrée de gamme coûte souvent moins cher qu'un bon oculaire, et le traitement logiciel, bien que technique au premier abord, suit un processus assez direct une fois expliqué.
Exemples de matériel adapté
Ces produits couvrent les deux approches décrites plus haut : la photographie afocale simple avec un smartphone, et l'étape suivante avec une caméra dédiée.

Fixe le téléphone dans l'axe de l'oculaire pour photographier la Lune et les planètes à travers le télescope.
- Maintient le téléphone parfaitement aligné dans l'axe de l'oculaire
- Compatible avec la plupart des smartphones récents
- Réglage initial parfois fastidieux selon le modèle de téléphone

Se branche en USB à la place de l'oculaire pour photographier Jupiter et Saturne en détail, via l'empilement vidéo.
- Nettement plus performante que le smartphone sur Jupiter et Saturne
- Ouvre la porte à l'empilement vidéo (stacking)
- Nécessite un ordinateur et un logiciel de traitement (ex. AutoStakkert)
Questions fréquentes
Peut-on photographier la Lune sans télescope ni jumelles ?
Un smartphone seul, même avec un bon zoom optique, ne montrera qu'un petit disque sans détail de surface exploitable. Un minimum de grossissement optique — jumelles ou télescope — reste nécessaire pour un résultat satisfaisant.
Faut-il un télescope spécifique pour la photographie ?
Non : n'importe quel télescope adapté à l'observation visuelle, comme ceux présentés dans notre guide sur le choix d'un premier télescope, convient parfaitement pour débuter en photographie afocale.
Le stacking est-il vraiment nécessaire pour de bons résultats sur les planètes ?
Pour un résultat proche des images qu'on voit habituellement en ligne, oui, quasi systématiquement. Une photo unique, même avec un bon matériel, reste très sensible à la turbulence atmosphérique du moment.