La sonde Voyager 2 lors de ses essais de vibration avant son lancement
NASA / JPL, domaine public

Voyager 2

Lancée trois semaines avant sa sonde jumelle, Voyager 2 a accompli ce qu'aucun autre engin n'a jamais réussi : survoler les quatre planètes géantes du système solaire au cours d'une seule et même mission.

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Lancement
1977
Agence
NASA
Distance actuelle
~136 UA du Soleil
Vitesse
~15,4 km/s
Statut
Seule sonde à avoir survolé les 4 géantes

Le « Grand Tour » des quatre géantes

Voyager 2 décolle le 20 août 1977, sur une trajectoire plus lente que celle de Voyager 1 mais idéalement placée pour profiter d'un alignement planétaire exceptionnel, qui ne se reproduit qu'une fois tous les 175 ans environ. Cet alignement permet à une seule sonde de survoler successivement Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, en utilisant l'assistance gravitationnelle de chaque planète pour atteindre la suivante sans carburant supplémentaire.

Elle survole Jupiter en juillet 1979, puis Saturne en août 1981. Contrairement à Voyager 1, sa trajectoire est conservée dans le plan de l'écliptique après Saturne, ce qui lui permet de poursuivre vers les planètes suivantes plutôt que de dévier vers Titan.

Seule sonde à avoir visité Uranus et Neptune

En janvier 1986, Voyager 2 devient la première et, à ce jour, la seule sonde à survoler Uranus. Elle découvre dix nouvelles lunes et révèle un champ magnétique étonnamment incliné de 60° par rapport à l'axe de rotation de la planète — une anomalie dont l'origine reste débattue. Trois ans plus tard, en août 1989, elle survole Neptune, la dernière étape de son Grand Tour, découvrant les vents les plus violents jamais mesurés dans le système solaire, dépassant 2 000 km/h, ainsi que la Grande Tache Sombre, une gigantesque tempête depuis disparue.

Ces deux survols restent à ce jour les seules observations rapprochées jamais réalisées de ces deux planètes géantes de glace — tout ce que l'on sait d'elles en détail provient des quelques heures passées par Voyager 2 dans leur voisinage.

La Grande Tache Sombre de Neptune

La Grande Tache Sombre de Neptune photographiée par Voyager 2 en 1989, entourée de nuages de méthane brillants
NASA / Jet Propulsion Laboratory, domaine public

Découverte par Voyager 2 lors de son survol de 1989, la Grande Tache Sombre était un système tempétueux anticyclonique comparable par sa taille à la Terre entière, visible ici entouré de traînées de nuages de méthane brillants poussés par les vents environnants — les plus rapides jamais mesurés sur une planète du système solaire, dépassant 2 000 km/h. Sa couleur sombre résultait probablement d'un trou dans la couche nuageuse supérieure, laissant apparaître des couches plus profondes et plus sombres de l'atmosphère.

Fait remarquable, cette tempête n'a jamais été revue lors des observations ultérieures du télescope spatial Hubble au début des années 1990 : contrairement à la Grande Tache Rouge de Jupiter, stable depuis des siècles, la Grande Tache Sombre de Neptune s'était tout simplement dissipée en quelques années, avant qu'une nouvelle tempête sombre n'apparaisse ailleurs dans l'hémisphère nord — une preuve que la météorologie des géantes de glace peut être bien plus changeante que celle des géantes gazeuses.

La sortie de l'héliosphère

Après Neptune, Voyager 2 poursuit sa route vers l'extérieur du système solaire, sur une trajectoire orientée vers le sud de l'écliptique — une direction différente de celle de sa jumelle. Elle franchit l'héliopause le 5 novembre 2018, six ans après Voyager 1, devenant le deuxième objet humain à entrer dans l'espace interstellaire. Contrairement à Voyager 1, Voyager 2 transporte encore un instrument de mesure du plasma en état de marche, ce qui a permis d'obtenir des données complémentaires uniques sur cette transition.

Une mission prolongée sous contrainte d'énergie

Plus de 45 ans après son lancement, Voyager 2 continue d'envoyer des données grâce à ses générateurs thermoélectriques à radioisotope, dont la puissance décline régulièrement. En 2020, l'équipe de mission a dû désactiver l'un des cinq instruments scientifiques restants pour économiser l'énergie disponible et maintenir les autres actifs plus longtemps. Un rééquilibrage inattendu de la marge de sécurité électrique en 2023 a permis de reporter cette échéance : la mission pourrait rester active jusque vers 2030, avant que l'énergie ne devienne insuffisante pour faire fonctionner ne serait-ce qu'un seul instrument.

Comme sa sonde jumelle, Voyager 2 transporte elle aussi un exemplaire du Golden Record, le disque doré destiné à témoigner de l'existence de la Terre auprès d'éventuels découvreurs lointains.

Un second regard sur l'espace interstellaire

Parce que Voyager 2 a conservé un instrument de mesure du plasma fonctionnel là où celui de Voyager 1 était tombé en panne des années plus tôt, elle a pu confirmer directement, par une mesure de densité plutôt que par déduction indirecte, le moment exact de sa sortie de l'héliosphère. Ses données ont aussi révélé que la frontière de l'héliopause n'est pas parfaitement sphérique : Voyager 2 l'a franchie à une distance du Soleil légèrement inférieure à celle de Voyager 1, alors même que les deux sondes empruntaient des directions très différentes — un indice que la forme de la bulle protectrice du Soleil est influencée de façon inégale par le milieu interstellaire environnant.

En 2023, une erreur de commande a temporairement désorienté l'antenne de la sonde, interrompant toute communication pendant plusieurs jours — un incident résolu à distance depuis la Terre malgré un aller-retour radio de plus de 37 heures, illustrant la précision encore nécessaire pour piloter un engin vieux de près d'un demi-siècle à une distance pareille.

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