Le noyau de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko photographié par la sonde Rosetta
ESA / Rosetta / NAVCAM, CC BY-SA IGO 3.0

Comètes

Des blocs de glace venus des confins du système solaire, qui s'embrasent silencieusement en s'approchant du Soleil.

Origine
Ceinture de Kuiper / nuage d'Oort
Comète de Halley
Retour tous les 76 ans
Prochain passage
2061
Premier atterrissage
Philae sur 67P, en 2014

Une « boule de neige sale »

Une comète est un petit corps composé de glaces (eau, dioxyde de carbone, monoxyde de carbone), de poussière et de roche — un mélange que l'astronome Fred Whipple a un jour résumé par la formule restée célèbre de « boule de neige sale ». Son noyau solide mesure rarement plus de quelques kilomètres de diamètre.

Tant qu'elle reste loin du Soleil, une comète est un objet froid, inerte et invisible. Tout change lorsqu'elle s'en approche : la chaleur fait sublimer ses glaces directement à l'état gazeux, libérant un nuage diffus de gaz et de poussière appelé chevelure, ou coma, qui peut atteindre un diamètre supérieur à celui de la Terre.

Deux queues, toujours à l'opposé du Soleil

C'est ce nuage de gaz et de poussière, repoussé par le vent solaire et la pression de la lumière, qui forme les célèbres queues de la comète — toujours orientées à l'opposé du Soleil, quelle que soit la direction du déplacement de la comète elle-même. La queue de poussière, légèrement courbée, réfléchit simplement la lumière solaire. La queue ionique, rectiligne et souvent bleutée, est composée de gaz ionisé directement poussé par le vent solaire.

NEOWISE, la grande comète de 2020

La comète C/2020 F3 NEOWISE photographiée avant l'aube au-dessus de Washington en juillet 2020, montrant sa chevelure lumineuse et sa queue
NASA / Bill Ingalls, domaine public

Découverte le 27 mars 2020 par le télescope spatial NEOWISE (dont elle porte le nom), cette comète est devenue, à la surprise générale, l'un des objets célestes les plus spectaculaires visibles à l'œil nu depuis l'hémisphère nord depuis plus de vingt ans — la précédente grande comète bien visible remontant à Hale-Bopp en 1997. Photographiée ici avant l'aube au-dessus de Washington, elle montre distinctement sa chevelure brillante et le début de sa queue de poussière incurvée, visibles sans instrument par des millions de personnes confinées chez elles durant l'été 2020.

Avec une orbite d'environ 6 800 ans, NEOWISE ne reviendra pas visiter le voisinage du Soleil avant l'an 8800 environ — ceux qui l'ont observée en juillet 2020 ont donc contemplé un spectacle qu'aucun humain ne reverra avant des dizaines de siècles. Sa survie même au passage près du Soleil n'était pas garantie : de nombreuses comètes prometteuses se désintègrent sous l'effet de la chaleur solaire avant même d'atteindre leur maximum de luminosité, un risque que confirment régulièrement les grandes déceptions cométaires du passé.

D'où viennent-elles ?

Les comètes à courte période, qui repassent près du Soleil en moins de 200 ans, proviennent généralement de la ceinture de Kuiper, au-delà de Neptune. Les comètes à longue période, elles, viennent d'infiniment plus loin : le nuage d'Oort, une vaste coquille sphérique hypothétique de corps glacés qui entourerait tout le système solaire, jusqu'à une année-lumière du Soleil.

La plus célèbre de toutes, la comète de Halley, revient visible depuis la Terre tous les 76 ans environ — son dernier passage remonte à 1986, le prochain est attendu en 2061. D'autres, comme Hale-Bopp (1997) ou NEOWISE (2020), sont restées visibles à l'œil nu pendant plusieurs semaines.

Se poser sur une comète

En 2014, la sonde européenne Rosetta a réalisé une première historique en se plaçant en orbite autour de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, avant de larguer le petit atterrisseur Philae à sa surface — le tout premier atterrissage contrôlé sur le noyau d'une comète. La mission a confirmé que les comètes comptent parmi les objets les plus primitifs du système solaire, quasiment inchangés depuis sa formation.

Comment une comète reçoit son nom

Une comète porte traditionnellement le nom de son ou ses découvreurs — une tradition qui remonte au XVIIIe siècle et qui explique des noms comme Hale-Bopp (découverte indépendamment par deux astronomes amateurs américains, Alan Hale et Thomas Bopp, la même nuit de 1995) ou Shoemaker-Levy 9. De nombreuses comètes sont aujourd'hui découvertes par des programmes de surveillance automatisés du ciel plutôt que par des individus, ce qui donne des désignations plus techniques comme NEOWISE, du nom du télescope spatial qui l'a repérée.

La désignation officielle suit un code international précis : une lettre indiquant le type d'orbite (P pour périodique, C pour non périodique, D pour disparue ou désintégrée), suivie de l'année de découverte et d'un ordre alphanumérique. La comète de Halley porte ainsi la désignation officielle 1P/Halley — le « 1P » signifiant qu'elle fut historiquement la toute première comète périodique identifiée comme telle.

Une frontière plus floue qu'il n'y paraît

La distinction entre comète et astéroïde, longtemps considérée comme nette, s'est brouillée avec la découverte de plusieurs objets hybrides. Certains corps de la ceinture principale d'astéroïdes développent occasionnellement une chevelure temporaire, comme une comète classique — on les appelle des astéroïdes actifs ou comètes de la ceinture principale. À l'inverse, certaines anciennes comètes, après de nombreux passages près du Soleil, épuisent toutes leurs glaces de surface et finissent par ressembler à s'y méprendre à des astéroïdes rocheux inertes.

Certaines comètes ne survivent pas à leur propre passage : en 1994, la comète Shoemaker-Levy 9, fragmentée par les forces de marée de Jupiter lors d'un précédent passage, s'est désintégrée en une vingtaine de morceaux qui sont venus percuter la planète géante l'un après l'autre, sous l'œil des télescopes du monde entier — le premier impact cométaire jamais observé en direct dans le système solaire.

Repérer une comète depuis chez vous

La plupart des comètes visibles à l'œil nu se repèrent bien mieux aux jumelles, grâce à leur large champ de vision — notre guide vous aide à choisir la bonne paire.

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