Pluies de météores
Chaque année, aux mêmes dates, la Terre traverse fidèlement les traînées de poussière laissées par les comètes qui l'ont précédée.
Le sillage d'une comète
À chaque passage près du Soleil, une comète perd une partie de sa glace et de sa poussière, qui se dispersent lentement tout le long de son orbite. Quand la Terre, dans sa course annuelle autour du Soleil, traverse l'une de ces traînées de débris, des milliers de grains de poussière — souvent pas plus gros qu'un grain de sable — s'embrasent dans l'atmosphère en l'espace de quelques nuits : c'est une pluie de météores.
Comme la Terre repasse par le même point de son orbite chaque année à la même période, ces pluies sont parfaitement prévisibles et reviennent aux mêmes dates, année après année, parfois à un jour près.
Le radiant, un point de fuite dans le ciel
Tous les météores d'une même pluie semblent jaillir d'un seul et même point du ciel, appelé radiant — un pur effet de perspective, puisque les particules voyagent en réalité selon des trajectoires parallèles. C'est ce radiant, et la constellation dans laquelle il se situe, qui donne son nom à la pluie : les Perséides semblent ainsi rayonner depuis la constellation de Persée, les Léonides depuis celle du Lion.
Cette image composite, assemblée à partir de dizaines de photographies prises au cours d'une même nuit d'observation des Perséides, permet de visualiser d'un seul coup d'œil ce que l'œil ne perçoit jamais en une seule fois : les traînées lumineuses, bien que capturées à des moments différents, s'alignent presque toutes selon des directions qui, prolongées, convergeraient vers le radiant de la pluie, quelque part hors du cadre. Chaque photographe qui compose ce genre d'image doit photographier en continu pendant des heures, avec un appareil fixé sur un trépied, avant de superposer numériquement les seules images où un météore a été capturé.
En pratique, plus un météore apparaît loin du radiant dans le ciel, plus sa traînée paraît longue — un autre effet de perspective directement lié à l'angle sous lequel on observe sa trajectoire réelle, parallèle à toutes les autres.
Le calendrier des grandes pluies
Les Perséides, actives mi-août, comptent parmi les plus suivies dans l'hémisphère nord : héritées de la comète Swift-Tuttle, elles bénéficient de nuits d'été douces et dégagées. Les Géminides, à la mi-décembre, sont souvent la pluie la plus dense de l'année, avec parfois plus de cent météores par heure dans de bonnes conditions — un cas particulier, puisqu'elles proviennent non pas d'une comète mais de l'astéroïde Phaéton. Les Léonides, en novembre, sont surtout connues pour leurs rares mais spectaculaires « tempêtes de météores », comme celles observées en 1833 et 1966, où des milliers de météores par heure ont été rapportés.
D'autres rendez-vous ponctuent l'année : les Quadrantides en janvier, les Lyrides en avril, les Éta Aquarides en mai (elles aussi issues des débris de la comète de Halley) et les Orionides en octobre, qui proviennent de cette même comète mais croisées à un autre point de son orbite.
Bien observer une pluie de météores
Aucun matériel n'est nécessaire — au contraire, jumelles et télescopes réduisent le champ de vision utile. Le plus efficace reste de s'éloigner de toute pollution lumineuse, de laisser une vingtaine de minutes à ses yeux pour s'adapter à l'obscurité, et de regarder large plutôt que de fixer le radiant lui-même, où les traînées sont les plus courtes.
Le taux horaire zénithal, une mesure à nuancer
L'intensité d'une pluie de météores s'exprime par son taux horaire zénithal (ZHR, pour Zenithal Hourly Rate) : le nombre de météores qu'un observateur verrait en une heure si le radiant se trouvait exactement au zénith, sous un ciel parfaitement noir, sans aucune pollution lumineuse. C'est une valeur théorique de référence, presque toujours optimiste : en pratique, la Lune, les nuages, la pollution lumineuse urbaine et la hauteur réelle du radiant dans le ciel réduisent très largement le nombre de météores effectivement visibles, souvent à seulement une fraction du ZHR annoncé.
C'est pourquoi la meilleure nuit pour observer une pluie donnée dépend non seulement du pic d'activité de la comète mère, mais aussi des phases de la Lune cette année-là : une pluie forte coïncidant avec une pleine lune peut décevoir bien plus qu'une pluie plus modeste observée sous un ciel sans lune.